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Oh ben hier je m’étais fixé comme objectif à la con de voir le tombeau de la pleureuse de Raspail au Père-Lachaise. Celle qui illustre la pochette de Within The Realm Of A Dying Sun de Dead Can Dance. C’était en soi pas plus con que de partir à la quête de la tombe de Bézu (Division 90). Ça devait être l’adolescent et la vieille tata Goth que je n’ai jamais été qui m’ont lancé cette envie pressante en retombant sur le CD hier. Après 9 ans passés dans le XXème et plusieurs passages au Père-Lachaise je n’étais jamais tombé dessus. Sans aucune fascination mortuaire c’est juste un endroit où il fait bon se perdre et ne pas avoir de plan pour en profiter. J’ai quand même retenu Division 18 histoire de filtrer.
Et puis au Père-Lachaise j’ai mon jardin secret. Hé hé. Un bouquin un rayon de soleil et t’es plus à Paris. Tu ne vois rien d’autre que ça. Pas une tombe pas un immeuble pas un bruit pas une personne.
Manque de bol il a fallu que je me pose pour que le soleil disparaisse pour de bon. Quelle pétasse celle là aussi. Et puis mon jardin secret ne l’était en fait pas du tout. A croire que le gaydar m’y avait conduit bêtement la première fois puisque quelques nécroqueers y étaient aussi. Fait chier la bite.
Près du mausolée de la comtesse Demidoff (j’aime bien cette histoire mais je vous laisse googler j’ai pas envie de m’emmerder) il y a toujours quelques freaks sympathiques. Hier deux demoiselles d’un âge avancé et qu’on qualifiera amoureusement de gouines étaient posées discrètement mais pas trop dans les hauteurs, une à la clarinette et l’autre à la voix et un petit magnétophone. Je me suis assis non loin pour les écouter. Elles avaient de quoi faire peur aux passants en psalmodiant des textes goûtus de jambes arrachées et de petits enfants morts. La limite est souvent maigre entre le ridicule de quelque folklore lachaisien ou la prétention artistique à deux balles mais à vrai dire c’était un moment très reposant et très beau. Merci à elles.
Et puis hop je suis tombé dessus. En fait c’était tout con. Elle est sur l’affreux rond-point Casimir Périer que j’évite à chaque fois tellement il m’énerve.
Bon ben voilà ça c’est fait. En fait je m’en foutais. La dramaqueenerie j’ai passé l’âge.
Oui je sais je déserte quelque peu ce point com que j’ai acheté. Je ne me suis pas égotement replongé dans mes vieilleries postées ici pour voir comment que c’était mieux avant même si ma bonne dame c’était toujours mieux avant.
Ca fait bien plus d’un an que j’ai pas mis les pieds dans un bordel dans un sauna dans des buissons. Je sais même pas si ça me manque en fait. Même si c’était bien aussi.
Dans mes grands principes post-adolescent je concevais le couple comme une entité qui devait respecter l’individualité. Chacun son appartement. Chacun sa vie dissolue. Chacun ses amants ses warm buddys ses fuck buddys. Et faire de chaque nuit passé ensemble des retrouvailles.
Alors pourquoi faire le pas ? Il n’y a pas de pression sociale. Pas d’obligation de mariage et de procréation sperme ovaire foetus marmot braillements insomnies. Il y a le côté pratique et financier. Il y a surtout l’envie d’essayer. De tenter. Advienne que pourra. Marche ou crève.
Le pas est déja franchi. Le bail à Jourdain est signé. La pancarte A louer est déja sur la terrasse. Les cartons commencent à se remplir.
Ouais, il y a cette terrasse à qui il va falloir dire adieu. Ces Jacquelines qui resteront à l’intérieur. Ces plantes qui n’auront plus de place. Ce chat qui n’aura plus qu’un bout de fenêtre. Mais y’a cet appartement baigné de lumière et de couleurs. Y’a cette vue au-dessus des arbres. Cette petite rue du Jourdain avec deux fleuristes et deux librairies. Une vraie rue à pédé.
Y’a cette nouvelle vie qui va s’inventer. Qu’il va falloir inventer.
Y’avait comme un flottement cet après-midi, une petite brise bien agréable un petit chant d’oiseau une belle carte postale de Levallois-Perret. Autant dire improbable. J’écoutais Where are you go go going to ? de Loney, Dear. C’était le même après-midi d’ailleurs que le 21 avril. On se souvient toujours de ce qu’on faisait le 11 septembre ou le 21 avril. Personne n’a même pas besoin de donner l’année. Le 21 avril c’était un après-midi où on aurai pu écouter Where are you go go going to ? de Loney, Dear s’il était déja sorti. Je me souviens qu’on avait croisé Jack Lang aux Tuileries avec Gaël et Per. On lui avait sourit, même si on avait voté Voynet. C’était un après-midi insouciant.
Loney, Dear - Where are you go go going to ?
(le 15 mai à la Boule Noire)
Mais aujourd’hui en relisant la note des R.G. sur le NouvelObs je pensais à cette chanson d’une jeune artiste pleine de talent, Chimène Badi. Elle chante (enfin… on lui a dit de chanter) ces paroles d’une rare profondeur:
On emportera nos remords
De ce temps où l’on savait
Si honteux d’avoir eu tort
D’oublier que l’on pouvait
J’ai rêvé la douceur de certains soirs
J’ai rêvé surtout qu’il n’était pas trop tard
Espéré que l’on pouvait changer
J’ai rêvé d’être encore avant le jour d’après
Il est temps
Nous sommes encore hier
Juste l’instant d’avant
On peut encore tout faire
Désormais cet absurde ballet
Et que ne vienne jamais
Jamais le jour d’après
C’est pas beau hein ?
Ben moi j’ai peur du jour d’après. La note des R.G., info ou intox on s’en fout. Elle est là comme pour confirmer. Que c’est loin d’être gagné.
J’ai eu aucun remord ce soir du 21 avril quand PPDA a parlé de la “grosse surprise”. Après tout, cette grosse suprise, c’est que le P.S. la méritait bien. J’ai pas eu honte de ne pas avoir voté utile. J’ai eu mal au cul de voter Chirac. Comme tout le monde. Mais ça s’arrêtait là. C’était dans l’ordre (juste) des choses.
En 2007 j’ai peur. Je ne me vante pas de tourner social traître et de déposer un bulletin Ségolène Royal dans ma grosse urne du XXème. Ca ne me fait pas bander de voter Royal. Si Royal est élue je n’irai pas danser dans la rue avec mon homme. Notre alliance d’urne s’arrêtera là. Je ferais juste Ouf. C’est passé. C’est fini. Maintenant on peut passer aux choses sérieuses. Aux législatives. A se battre contre la Panaf’ à la Mairie de Paris. A repenser Verts. A repenser Anti Libéral.
La France tu l’aimes ou tu la quittes c’est très tentant. Tentant de ne plus vivre ici si… Le jour d’après.
Dimanche il ne faut pas se voiler la face. Putain c’est des Présidentielles, pas le concours de Miss Utopie ! La révolution elle n’aura pas lieu dans 2 semaines.
J’en peux plus de lire ces cruches gogodanseuses pester contre les méchants syndicats de gauche qu’on pas voulu l’aider. C’est méchant mais c’est bien fait. Pétasse. J’en ai marre de lire les bayrouistes. J’en ai ma claque des discussions de comptoir entre collègues. T’as entendu ce qu’il a dit Sarko !? Ben oui on sait bien qu’il dit que des conneries que c’est une grosse tanche. N’empêche que parti comme ça il va gagner ce con.
On est des espèces protégées, nous, là, mon entourage, bien entourées. Que des gens biens. On en croise rarement des gens de droite, alors forçément le PS c’est les plus nazes pour nous, les plus libéraux, les plus tout ce qu’on veut pas. Et ça le restera. C’est clair. Mais y’a les autres qu’on voit pas qu’on croise tous les jours, qu’ont des bonnes gueules mais avec qui on parle pas. J’ai halluciné d’entendre une collègue de mon homme, somme toute charmante, dire qu’elle allait voter Sarkozy parce que avec Royal ses impôts allaient augmenter. J’avais jamais entendu ça en direct live de ma vie. J’ai compris qu’ils existaient en vrai.
J’en ai marre des alter queer. Quand les Panthères donnent les 7 bonnes raisons de ne pas voter Sarkozy c’est juste. Bien sur. Mais il y a un moment où il faut se prononcer contre via quelqu’une. Même si ce quelqu’une est une gourdasse, elle le sera quand même moins que les autres. Elles disent quoi les autres bouffeuses de soja ? Les velues ? Les tordues, à part préparer leur marche ? Elles disent rien. Je ne supporte plus celles qui ne veulent pas voter parce que non merde quand même ils sont tous nuls c’est pas la société qu’on veut. Ouais mais t’es dedans quand même ma belle. C’est un comportement purement égoiste. Elles me pètent les couilles les orgueilleuses extremistes.
J’ai fêté une fois mon anniversaire. Enfin on me l’a fêté de force. Ca devait être pour mes 12 ou 13 ans. J’avais rien demandé. Ma mère avait trouvé 10 camarades de classe pour venir chez moi. Je pouvais pas les blairer. Fallait s’imposer maitresse de cérémonie, trouver des jeux, les occuper. J’avais pas envie qu’ils soient là. J’avais pas envie de m’occuper d’eux. J’avais pas envie qu’on me souhaite bon anniversaire. J’ai eu très peur d’être au centre de tous les regards. J’ai jamais pu blairer ça depuis. J’arrive pas à être fier de prendre une année de plus dans la gueule. Je me planque. J’hiberne. J’ai pas assez d’estime pour me mettre au centre d’un évènement. A la Fac j’avais prévenu. Me demandez jamais d’organiser une fête. Je sortirais le bazooka. Et un soir de 19 janvier on a sonné à ma porte. Y’avait rien qu’un gros carton à la con devant la porte. J’ai pas compris. Et paf le coup de la pin-up dans le gateau: mes deux meilleurs potes planqués dedans débouchent le champagne. Je crois que c’est la première fois qu’on me faisait une surprise. J’en aurai presque chialé. On s’est saoulé la gueule tous les trois. C’était bon. C’était sain. Alors j’ai accepté le fait que ouais finalement ça voulait juste dire on pense à toi. N’empêche que. J’aime bien quand c’est les 20 janvier après.
Et puis c’est chouette les cadeaux. Merci la Queen d’avoir visé juste. Et pis merci mon homme.
Par hasard et pas rasé je tape mon nom sur Google. Ouais toi aussi tu l’as déja fais alors viens pas me chlamydier. V’la pas que je tombe sur Cache-Cache Party !! Grosse surprise, surtout que la version qu’il me reste en VHS ressemble à une archive de l’INA 74.
Et bien j’en suis content quand même du Cache-Cache Party !!! Et ravi qu’il puisse encore vivre un peu.
Attention, déconseillé aux urbaines
Cache-Cache Party !!, ça date de 1998. Dans le cadre d’un travail collectif à la Fac. A la base on devait faire un documentaire sur Emile (t’as qu’à regarder le film). Et puis… Et puis au visionnage des images on était perdu. C’est dur un documentaire. Et puis on avait jamais rien fait avant. Alors on a fait une histoire. Cache-Cache Party !! c’est un conte. Enfin l’idée c’était de reprendre les codes du conte. Et de trancher. En disant non. La réalité c’est pas ça.
Bon en vérité c’est un peu pompeux tout ça. Mais on avait pas les couilles de s’en sortir autrement qu’en jouant cette carte là. Avec le recul on aurait du rester sur le documentaire. Et puis je joue très mal la vache. Tant pis. En tout cas, Cache-Cache Party !! avait eu son petit succès local. Fallait assumer.
Merci en tout cas à l’équipe de Canalsix.tv de l’avoir retrouvé.
[googlerie du jour: “les vieilles pense à leur minou”]