ces petits riens
C’est vrai qu’en fait ça fait du bien de les recracher…
Cet oncle, qui me ramène en voiture du crématorium, moi j’ai les cendres de mon vieux entre les jambes, et lui qui me dit Tu viens à la maison un peu comme ça tu verras le bébé et moi qui répond non je me sens pas bien et moi qui boue de rage je m’en branle de ta petite-fille j’ai les restes de ton frère entre les jambes est-ce que tu crois franchement que j’ai envie de voir la sale gueule de ton mioche et moi qui suis toujours trop poli pour être agressif.
Alors j’étais poli et j’ai dit à la boulangère merci. Et j’ai toujours dit merci aux autres.
A ce connard qui me fait pleurer en plein Paris. Va suçer des bites en enfer.
A toi là qu’a pas eu confiance en moi qui m’a dit désolé c’est pas toi c’est moi.
A toi là qui m’a répété ça cinquante fois.
Tu me l’as dit quand t’étais hétéro
Tu me l’as dit quand t’étais bi
Tu me l’as dit quand t’étais loin
Tu me l’as dit quand t’étais trop jeune
Tu me l’as dit quand t’étais trop vieux
Tu me l’as dit quand tu sortais d’une histoire difficile
Tu me l’as dit quand t’étais rive gauche
Tu me l’as dit quand t’étais rive droite mais que je savais déja plus comment qu’on faisait
Tu me l’as dit quand j’y croyais des fois. [violons]
Et toi là connard de toi oui moi qui dis toujours oui quand il ne faut pas qui dit toujours non quand il ne faut pas qui ne sait pas dire je t’aime reviens j’ai les mêmes à la maison. Même qu’elles sont pas fraîches. Mais qu’elles sont quand même pas tout à fait périmées.
Et ce lavabo qui n’en finit pas de vibrer et qu’on attend qu’il crève vu qu’ c’est lui qu’a la fourchette.

Mais tu sais c’est parce qu’au quotidien je suis très drôle hein.













