Les surestimés
Ouais c’est pas encore l’heure des classements. Mais en tout cas on peut déja ressortir les albums surestimés de l’année.
1. La surestimée au chantage.
Lucide le Jarvis Cocker dans les Inrocks #572: “J’étais conscient du danger d’un disque un peu trop tape-à-l’oeil, avec une chanteuse actrice “cool” issue d’une dynastie d’artistes “cool”, un producteur “cool”, des musiciens “cool” et un auteur “cool”. Un truc désespérement artificiel et émotionnellement totalement sec. J’ai donc essayé d’amener un peu de couilles au projet (…).” Ben ouais c’était pas gagné. Mais il a du laisser ses couilles à l’entrée du studio. Résultat: un album sans aucune prise de risque, sage et ennuyeux au possible. Charlotte dans sa bulle et des flingues sur les tempes de ses invités. Sentiment renforcé par les amusantes démêlées de Technikart avec la maison de disque de l’intouchable Charlotte Gainsbourg. A force de jouer les grandes, certains labels indépendants vont finir par devenir aussi antipathiques (Because, Tôt ou Tard et son dictateur Vincent Frèrebeau) que leurs vilaines grandes sœurs.
On préférera : dans le genre acteur qui chante du Jarvis Cocker et plein d’autres potes musicos tendances (ou vieilles tendances: Ben Folds, Aimée Mann, Joe Jackson…) : William Shatner. Parce que l’album (Has Been, 2004) respirait le frais et l’autodérision, et pas la vieille chatte.
William Shatner - Has Been
*
2. La surestimée Supercheries.
Lily Allen. Alors là franchement faudrait m’expliquer j’ai rien compris. On a là un produit indigeste (comprendre « frais » en terme journalistique) sur une musique poussive (comprendre « rafraichissante ») et ultra pistonnée (comprendre « révélation MySpace »). Une jeune demoiselle arriviste vulgaire et même pas drôle (comprendre « moderne, la langue bien pendue et pétillante »). Et en guise de bonus la pochette la plus laide de l’année.
On préférera : Dans le genre buzz internet super top ultra hype, les Cansei de Ser Sexy, et de loin.
Cansei de Ser Sexy - Alala
*
3. Les surestimés On a été trop indulgent.
Les Scissor Sisters bénéficiaient d’un capital sympathie assez élevé sur scène pour leur pardonner un premier album avec le recul déjà assez pourri. Mais à trop les conforter dans leur succès ils ont pondu l’album de la pas-maturité du tout. Un truc clinquant ultra produit sur 12000 pistes son et du coup aussi lourd qu’une choucroute de Limoges, à faire passer le dernier Madonna pour du Kurt Weil. Le style glam des débuts devient une caricature de tout ce qu’il ne faut pas porter en soirée. Ca sent la mauvaise mayonnaise plus très fraîche.
On préférera : Dans le genre queer et festif, Hey Willpower, qui fait d’ailleurs leur premières parties et qui se la pète trop peu pour être malhonnête.
Hey Willpower - Uh-Uh-Uh
*
4. La surestimée d’elle-même.
Et je dis ça parce que j’adule Brigitte Fontaine. Mais faut pas pousser mémère dans les orties. « C’est mon meilleur album depuis Comme à la radio. » qu’elle clame à chaque interview. Erreur. Son meilleur album c’était celui d’après, « Brigitte » en 1972. Tout simplement un des meilleurs albums au monde. Après son meilleur album c’était la tétralogie Je ne connais pas cet homme – L’incendie – Le bonheur – Vous & Nous. 4 formidables albums qui n’ont rien à envier aux autres. On oublie Les églantines… et French Corazon, de sombres merdes. Plus tard y’a eu Genre Humain qui n’a finalement pas trop mal vieilli. Puis Les Palaces, autrement plus baroque’n’roll que Libido. Après ça s’est un peu plus gâté avec Kékéland et Rue St-Louis en l’île. Et Libido, malgré de bonnes orchestrations et des textes savoureux donne un arrière goût de trop peu de cyprine derrière la langue. Alors non, Libido n’est pas le meilleur album de Brigitte depuis Comme à la radio.
On préférera : la plus belle chanson baroque’n’jungle de Brigitte : Délices & orgue sur Les Palaces en 1997. Un texte goulu qui fond dans la bouche et les oreilles.
Brigitte Fontaine - Délices & orgue


Ah non hein. Non non non non non ! La Maroquinerie était vide. Pourtant il avait un joli nom notre guide :

J’aime bien les accidents de navigation des fois.












