eyes need him
Ca fait plus d’un an que ma route croise la sienne de temps en temps, principalement dans des manifs. Je suis jamais foutu d’aller lui parler. Hier soir dans la queue pour la Eyes need sugar à la Maroquinerie je l’aperçois, mon beau red tiger des panthères. Regards rapidemments soutenus pour se signifier OK on est là. Je ne laisserai pas passer cette occasion. Sous les sunlights des tropiques on se jauge de loin, puis d’un peu plus près. Je cherche son regard. J’évite son regard. La parade des grands coqs. Je sais pas comment faire on ne m’a pas donné de cours de drague en boîte dans ma jeunesse. Si seulement nous avions le courage des oiseaux. Pourquoi le tout premier pas est toujours si difficile même si l’on sait que chacun l’attend ? Je réflechis à la bonne tactique. J’ai dans mon sac quelques terrassantes questions de mon invention: T’as du feu ? Non. C’est déja la trentième clope que j’allume devant lui. Tu viens souvent ici ? On lui a surement jamais faite celle là. T’as pas une clope ? Trop relou, il vient déja de se faire taxer, et moi aussi. T’habites chez tes parents ? On se connait ? On baise ? As-tu déja vu l’orage en plein coeur de l’hiver ? Avant les garçons me frottaient toujours les oreilles. Une fois j’ai vu les chars blindés sur l’avenue d’Orléans. J’aime les rengaines d’amour et les frites me font pleurer. Et puis merde je me jette à l’eau ça fait un an que j’attends ça. Tu danses pas ? Oui bon j’avais quand même mieux en réserve hein. Les muscles de ses joues me répondent merci d’avoir commençé ou alors c’est pas trop tôt, au choix. Ses lèvres elles prononcent Mmmh non ça a du mal à venir. Puisque j’ai déçidé d’être particulièrement loquace ce soir j’enchaîne par un Moi il faut que je sois complètement pété pour pouvoir danser. Qu’à cela ne tienne la glace est brisée. Un petit pas pour l’économie de marché européen mais un grand pas pour Bert. Je ne brillerai pas par ma conversation ce soir mais l’effet Non ! de Narta agit. Un Mormon se serait assez vite lassé, je suppose donc qu’ E. était assez interessé pour supporter ce vide narratif pendant trois heures.
Je suis bourré. Je me laisse donc aller à quelques déhanchements de ma cuvée 2004. Il est 5h30. Je le prends par la taille pendant son pas de quatre. Nos visages se rapprochent. Un sourire. Et ça se patine la langue pendant plusieures minutes. Carresses tatages frottages. Je nage. On y va ? Je dois me lever tôt demain j’ai un bloody repas de famille il fait. M’en fous je répond ça me dérange pas.
En se quittant ce matin la gueule dans le cul et les yeux dans les couilles je lui laisse mon numéro. Je compte sur toi je lui dis. Mais ça j’en sais vraiment rien.














Parfois plutôt que tenter de parler et ne pas savoir quoi dire il vaut mieux bousculer. Quitte à paraître maladroit. On aura le temps plus tard de prouver que cette maladresse était bien la seule…
> Le Capitan : On aura le temps plus tard de prouver que cette maladresse était bien la seule…
C’est une belle phrase.
Je ne vais pas être original mais j’apprécie la référence musicale…
T’aurais pu faire signe !
que c’est mimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
:picole:
Boris ? référence musicale ? moi ? bien involontaire alors…
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